Santé: Eradiquer les maladies en formant les enfants

« Aujourd’hui nous savons que l’hygiène au niveau communautaire laisse à désirer parce que les gens sortent des toilettes sans se laver les mains. De ce fait, moi Aïssatou, en compagnie d’autres enfants venant de divers horizons de la zone, j’ai été formée sur l’hygiène du corps et le lavage des mains par World Vision. Nous sommes devenus des « pairs éducateurs » et à notre tour nous transmettons ce que nous avons appris.

J’ai 16 ans, j’habite à Mbadakhoune et je suis en classe de première. Cette formation a facilité la sensibilisation de nos pairs et des populations sur la gravité des maladies liées aux mains sales, telles que la diarrhée, la dysenterie, l’Ebola. Cette formation a pour but d’éradiquer ces maladies. Grâce à World Vision nous avons commencé à éduquer les adultes et les enfants de nos villages sur les bonnes pratiques d’hygiène et comment fabriquer les Tippy Tapp.»

Les bienfaits du « Tippy Tap » 

L’approche de « Tippy Tapp » consiste à fabriquer des dispositifs de lavage des mains (une bouteille de cinq litres vide, trois planches et une corde), à les mettre à disposition dans les endroits clé du village, et ainsi à appliquer facilement les consignes données durant les sensibilisations. Si la communauté arrive à s’approprier cette pratique régulière, il sera beaucoup plus facile de lutter contre les maladies, car en effet la transmission la plus rapide de certaines maladies se fait par les mains.

Aissatou et les pairs éducateurs en pleine activité de présentation

Mbadakhoune se situe dans le département de Mbirkelane où la population a pour activité principale l’agriculture. C’est une zone où le petit commerce marche à merveille, d’autant plus qu’il existe deux  marchés hebdomadaires. Ils constituent de véritables portes d’entrée pour les maladies puisque l’on vient de partout pour vendre ou acheter des produits, des lieux de rencontre où les gens échangent, se parlent et se saluent sans se laver les mains.

Si le lavage des mains reste un problème c’est en effet parce que les communautés n’ont pas encore pu adopter automatiquement ce geste. Il est très difficile de changer les pratiques, les traditions ou même les mauvaises habitudes, c’est la raison pour laquelle certaines maladies existent toujours. Ainsi pour aider et inciter les gens à se laver les mains à la sortie des toilettes et aussi avant et après manger, la sensibilisation sur le terrain est essentielle et l’installation des « Tippy Tap » permet une bonne prévention.

Pour fabriquer un Tippy Tapp, il faut un récipient en plastique vide de cinq litres une ficelle (1 m par Tippy Tap), une douzaine  de petits savons ou un gros savon à découper, des bidons de 5 litres, du fil de fer, des piquets (3 - 2 piquets en Y et un droit), un bâton de 1 mètre.

Les enfants pairs éducateurs mobilisés

Pendant les vacances scolaires d’été, en collaboration avec le coordinateur du comité local de la protection des enfants (CLPE) de Mbadakhoune, les pairs éducateurs ont fait une tournée de sensibilisation dans les villages. Cela a stimulé les communautés à demander qu’on leur installe ces dispositifs de lavage des mains dans les maisons et devant les mosquées.

« Pour toucher le maximum de personnes et avoir la maîtrise des maladies, il faudra avec l’aide des pairs éducateurs et du CLPE, généraliser le « Tippy Tapp » au niveau de tous les villages, précise le vieil Ousmane pour qui on a installé un dispositif de lavage des mains chez lui. Dans le passé on sortait des toilettes sans se laver les mains, mais depuis que les enfants et le coordinateur du CLPE sont passés dans le village pour nous expliquer les règles d’hygiène du corps et ont installé ces « Tippy Tapp », nous avons commencé à prendre de bonnes habitudes en nous lavant les mains quand il le faut».

Présentation et mis en place du TYPPY TAPP lors des sensibilisations.

L’engagement d’Aïssatou et des tous les pairs éducateurs est encouragé et développé, pour une étendre ces formations et ces activités dans toutes les différentes zones d’intervention de World Vision, pour impacter durablement la santé des communautés et le bien-être des enfants les plus vulnérables.

Crédit photos : Pierre Tatiana Ndione & Angelina Uloma Nwachukwu