Adama a trouvé sa véritable passion dans la mécanique
À seulement 13 ans, le jeune Adama a pris une décision difficile : abandonner l’école pour aider sa famille à survivre. Son quotidien se résumait alors à de longues journées passées à travailler dans les champs, avec pour seul horizon la fatigue et la frustration. Son cœur était lourd de regrets, car il savait que l’éducation aurait pu lui ouvrir d’autres portes.
Le manque de ressources et le désespoir l’ont poussé à partir, quittant son village pour Bamako, puis pour la Guinée, dans l’espoir d’un avenir meilleur dans l’orpaillage. Malgré ses efforts acharnés, la chance ne lui souriait pas. De retour dans son village de Yoro, Adama se sentait perdu et vulnérable, exposé au risque de tomber dans des dépendances pour fuir une réalité devenue trop lourde à porter.

La douleur d’avoir abandonné l’école, le sentiment d’avoir raté sa jeunesse, le poids de ses rêves brisés… tout cela le rongeait. Il voyait ses camarades, qui avaient poursuivi leurs études, commencer à bâtir leur avenir, alors que lui restait bloqué dans l’incertitude.
C’est en cherchant des réponses à ses nombreuses interrogations qu’une nouvelle opportunité s’est présentée à lui grâce au programme, mis en œuvre par World Vision dans sa commune Yehi. À travers cette initiative dédiée à l’insertion socio-professionnelle des jeunes, l’organisation lui a offert la possibilité d’intégrer une formation qualifiante et d’envisager un avenir plus stable.
Le déclic est venu lorsqu’il a choisi de s’orienter vers la mécanique moto. Grâce à l’accompagnement du programme, il a été placé en apprentissage auprès d’un mécanicien local. Pendant six mois, il a appris avec rigueur et persévérance, découvrant progressivement son talent pour ce métier.
À l’issue de sa formation, le programme World Vision de Yéhi, l’a appuyé avec un kit d’installation composé de matériels et d’outils essentiels. Ce soutien concret lui a permis de s’installer à son propre compte et de transformer son apprentissage en activité génératrice de revenus.
Aujourd’hui, Adama est un homme épanoui. Marié et père de deux enfants, il a profondément changé le cours de sa vie. Propriétaire de son propre garage de réparation de motos, il met son savoir-faire au service de sa communauté. Mieux encore, il emploie trois jeunes, leur offrant à son tour une opportunité d’apprentissage et une nouvelle perspective.
« Sans World Vision, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Ce programme m’a sauvé la vie, il m’a redonné espoir. Je peux maintenant subvenir aux besoins de ma famille, et surtout, je peux transmettre cette chance à d’autres jeunes comme moi. La mécanique, c’est une passion, un métier noble qui peut changer des vies. » confie Adama avec une certaine émotion dans la voix.
L’histoire d’Adama est un témoignage fort qui nous apprend que l’espoir peut renaître grâce à une main tendue.
Elle montre aussi que l’abandon scolaire, souvent perçu comme un échec définitif, n’est pas une fatalité.
Bien que le programme Yéhi ait clôturé ses activités, le parcours d’Adama continue d’inspirer. Il témoigne de l’impact durable de l’accompagnement reçu et illustre combien l’engagement de World Vision laisse une empreinte positive et durable dans la vie de celles et ceux qui ont appris à croire en leur potentiel.