Récit de changement. L’histoire de Boubacar : quand la joie et l’espoir triomphent du handicap et de l’insécurité alimentaire au Sénégal
Né avec un handicap moteur, Boubacar n’a jamais connu la liberté de courir. Quant à Mariama, des fractures survenues lorsqu’elle était bébé, jamais prises en charge par des professionnels de santé, l’ont laissée marcher aujourd’hui avec les jambes arquées. Très tôt, la maladie et la pauvreté ont volé à ces enfants l’insouciance de l’enfance.
Orphelins de leurs parents, ils sont élevés par leur belle-mère. Pendant des années, les préjugés et la stigmatisation ont rythmé leur quotidien. Dans la communauté, certains attribuaient leur état à des forces invisibles. Leur père, animé par l’espoir, a multiplié les visites chez des guérisseurs traditionnels, en vain.
« Il a emmené Boubacar plusieurs fois pour qu’on prie pour lui, mais rien n’a changé », se souvient Mariama.
« Les enfants handicapés ne sont plus rejetés ni cachés. »
Puis, un jour, le regard du village a commencé à se transformer.
Avec l’arrivée des initiatives de World Vision, un lent mais profond changement s’est opéré. Les campagnes de sensibilisation ont ouvert les esprits et brisé les silences. Peu à peu, l’exclusion a reculé.
« La communauté nous accorde désormais plus d’attention », explique Mariama, émue. « Les enfants handicapés ne sont plus rejetés ni cachés. »
Inscrits au programme de parrainage d’enfants, Boubacar et trois de ses frères et sœurs ont rapidement bénéficié d’un accompagnement adapté. Le véritable tournant est survenu lorsque Boubacar a reçu un fauteuil roulant.
« Avant, il devait ramper pour se déplacer. Il se salissait beaucoup, et c’était douloureux à voir », raconte Mariama. « Aujourd’hui, il peut sortir, jouer dehors et rejoindre ses amis quand il le souhaite. »
Une dignité retrouvée
Ce fauteuil a changé bien plus que la mobilité de Boubacar : il lui a rendu sa dignité.
« Grâce à cela, Boubacar ne se sent plus handicapé. Il peut aller où il veut. Tous les enfants comme lui ont retrouvé confiance en eux », confie sa sœur.
Au-delà de l’appui médical, World Vision a également soutenu la famille par des dons de denrées alimentaires, des chèvres pour l’élevage et des visites de suivi régulières. Un soutien vital, surtout durant la saison des pluies, période de grande précarité où la famille survivait bien en dessous du seuil de pauvreté.
« Ils nous apportent de la nourriture et nous ont donné des animaux à élever. Cela nous aide énormément à subvenir à nos besoins », explique Mariama.
Elle-même porte les séquelles d’un handicap non traité, mais son regard reste tourné vers l’avenir.
« Mon souhait le plus cher est que Boubacar puisse un jour marcher », murmure-t-elle avec espoir.
Aujourd’hui, la famille se sent enfin soutenue, reconnue et acceptée.
« Nous avons ressenti un changement réel dans nos vies. Voir mon frère se déplacer librement me remplit de joie », témoigne Mariama. « Je remercie sincèrement les parrains et World Vision pour ce soutien précieux, et je prie pour la réussite de tous leurs projets. »
Grâce au parrainage d’enfants, l’histoire de Boubacar et Mariama n’est plus seulement celle de la souffrance, mais celle de l’espoir, de l’inclusion et de la dignité retrouvée — une preuve puissante que lorsque les communautés ouvrent leur cœur, la vie des enfants peut changer pour toujours.