Une seule chèvre, un avenir transformé

À Fabidji, chaque saison ressemble à un combat contre le temps et la nature. Les sécheresses répétées appauvrissent les sols, détruisent les cultures et poussent les familles déjà fragiles dans un cycle sans fin de pertes. Pour survivre, beaucoup se voient obligés de vendre ce qu’ils ont de plus précieux : petits ruminants, ustensiles, meubles… autant de symboles de dignité qui disparaissent, laissant les ménages sans moyens d’épargne et sans possibilité d’investir dans une activité génératrice de revenus.
Face à cette précarité croissante, l’État nigérien a lancé l’initiative 3N (Les Nigériens Nourrissent les Nigériens), visant à renforcer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance. C’est dans cet esprit que World Vision est intervenue à Fabidji, pour soutenir les familles les plus affectées, notamment celles des enfants parrainés ayant tout perdu lors d’un incendie. Ainsi, 21 chèvres ont été distribuées pour permettre aux ménages de reconstruire progressivement leurs moyens d’existence.

C’est dans ce contexte qu’émerge l’histoire d’Issoufou, un garçon de 11 ans dont la vie a pris un nouveau tournant grâce à un geste simple, mais profondément transformateur.
Issoufou vit à Fabidji avec ses huit frères et sœurs. Son père, Moussa, est agriculteur. Mais l’agriculture, autrefois source d’espoir, est devenue un pari risqué : « Mon papa cultive quand il pleut, mais maintenant la pluie ne vient plus comme avant. Parfois elle arrive tard, parfois elle est très faible, et ça fait que nos récoltes ne suffisent pas. »
Après la récolte, la famille mange correctement quelques mois… puis la nourriture commence à manquer. Malgré les efforts du père, qui effectue des petits travaux pour compléter ses revenus, les difficultés persistent.
Un jour, l’équipe de World Vision rend visite aux enfants parrainés pour soutenir leurs familles. Issoufou se souvient encore de ce moment : « Ils ont donné une chèvre à chaque enfant. Moi, c’était ma première chèvre de toute ma vie. J’étais vraiment très content ! »

Cette chèvre, apparemment modeste, devient rapidement un véritable levier économique pour toute la famille.
Grâce à ses soins, la chèvre se reproduit : « Je l’ai bien gardée et, après un moment, elle a eu des petits. Un jour, j’en avais sept ! »
Avec ce petit troupeau, Issoufou prend une décision responsable : vendre quelques chèvres pour répondre aux besoins essentiels de la famille. « J’ai pu acheter une brebis, des habits, des kits scolaires et même du maïs pour qu’on puisse manger à la maison. »
Aujourd’hui, il possède deux brebis, un capital précieux que son père respecte profondément : « Mon papa est très fier de moi. Parfois, il me demande même comment faire pour s’occuper des animaux. Ça me rend très heureux et je me sens important. »
Grâce à ce soutien, la famille peut souffler. En période de manque, elle peut vendre un animal pour acheter de la nourriture. Issoufou, lui, rêve désormais très grand : « Mon rêve, c’est d’avoir beaucoup de brebis et de vaches, de continuer mes études et de devenir docteur. »
Avec gratitude, il conclut : « Je dis merci à World Vision de tout mon cœur. Tout a commencé avec une seule chèvre… et elle a changé la vie de ma famille. »