Renforcement de la Protection et de la Participation des enfants

L’adoption en décembre 2013 de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant a permis de franchir un pas décisif dans la réalisation des droits de l’enfant au Sénégal. Cependant malgré l’engagement du Gouvernement à venir à bout des problématiques qui inhibent les efforts déployés pour améliorer la protection de l’enfant, la prise en compte des droits des enfants se heurte toujours aux pratiques sociales. Les mariages des enfants demeurent particulièrement une réalité avec un taux de prévalence de 33%, un taux de 15% enregistré pour le travail des enfants (UNICEF 2014) et 26% pour les mutilations génitales féminines. Pour contribuer à améliorer le bien-être des enfants, World Vision Sénégal a accentué son soutien aux initiatives de l’Etat cette année à travers le renforcement des mécanismes communautaires de protection de l’enfant, la promotion de normes sociales, de comportements plus favorables à la protection de l’enfant et à la prise en charge des enfants victimes. 
 En plus de soutenir plus de 500 comités locaux de protection de l’enfance, World Vision met également en place un réseau pour surveiller et prévenir les abus et les mauvais traitements. Ces comités jouent un rôle assez important dans le changement des normes sociales et comportements plus favorables à la protection de l’enfant, la détection et la réponse aux cas de violations, y compris le signalement et la référence vers les services formels de prise en charge. Ces actions et interventions sont aussi mises en oeuvre aux niveaux de l’enfant, de la famille, de la communauté et des pouvoirs publics pour mieux protéger les enfants, conformément aux principes et aux meilleures pratiques en matière de protection de l’enfance. Ce qui a permis cette année d’enregistrer ces résultats ci-dessous :
  • La promotion de normes sociales et de comportements plus favorables à la protection de l’enfant avec la mise en oeuvre de projets modèles comme « les canaux de l’espoir » et « célébrer les familles ». Cela a permis de former 317 chefs religieux et 229 conjoints afin de fournir un soutien aux enfants les plus vulnérables de la communauté. L’objectif est de construire des relations positives et de créer un environnement garantissant la sécurité, la justice sociale et la participation des enfants à la société civile dans le contexte religieux sénégalais.
  • La prise en charge de 64 enfants victimes et le suivi des cas avec un accompagnement médical, juridique et psychosocial.
  • Diffusion régulière d’émissions radios impliquant les communautés, les services techniques et les organisations partenaires (imams, sages-femmes, représentants des comités départementaux de la protection de l’enfance, délégués du quartier, enseignants, services éducatifs libres et représentants du Parlement des enfants) qui a lui-même permis l’exposition et la dénonciation de 70 cas de violences faites aux enfants (mariages, abus sexuels, violences corporelles).
  • Le renforcement des capacités de 59 professionnels du secteur de la protection de l’enfant sur l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des enfants victimes d’abus sexuel et de maltraitance.
Ces activités sont développées avec la participation des enfants, en tant qu’acteurs de leur propre protection en les écoutant et en prenant en considération ce qu’ils ont à dire et surtout en reconnaissant la valeur de leur expérience, de leurs opinions et de leurs soucis spécifiques ainsi que leur statut de détenteurs de droits. Le renforcement des capacités leur a permis d’acquérir de nouvelles compétences et d’accroître leur estime de soi, contribuant ainsi à éliminer ce sentiment d’impuissance souvent associé à l’enfance. En conséquence, plus de 30 cellules de protection de l’enfance et plus de 400 clubs d’enfants ont été créés dans différentes écoles afin d’améliorer les compétences et la résilience des enfants dans le cadre de la protection.