Tassala, mère de 7 enfants, retrouve l’espoir grâce à l’épargne communautaire

Dans la commune rurale de Guidan Roumdji, les familles vivent presque exclusivement de l’agriculture. Mais ces dernières années, les pluies irrégulières, la dégradation des sols et l’absence d’opportunités économiques ont plongé de nombreux ménages dans une précarité totale. À El Gada, petit village enclavé, la survie dépend du peu que la terre veut bien donner.
C’est dans ce contexte que vit Tassala Bizo, 50 ans, veuve et mère de sept enfants, dont l’un souffre d’un handicap mental. Pendant longtemps, elle a dû faire face seule à des défis qui dépassent l’entendement. « Avoir de l’argent dans la main était un luxe impossible pour moi », confie-t-elle.
Lorsque l’un de ses enfants est tombé gravement malade, l’absence totale de ressources l’a empêchée d’aller chercher des soins à temps. Le regret l’accompagne encore.

Dans sa famille, comme dans beaucoup d’autres à El Gada, l’agriculture est la seule activité possible. Mais les champs ne produisent plus assez pour nourrir la famille. « L’alimentation était très compliquée pour nous. Les enfants en souffraient le plus.»
La situation semblait sans issue : pas de revenus, pas de soutien, pas de perspectives. Tassala vivait dans un cycle de vulnérabilité où chaque jour était une bataille. C’est alors que World Vision Niger, avec l’appui financier du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), a lancé le Maradi Integrated Resilience Project dans son village. Pour Tassala, cet instant a marqué un véritable tournant.
« On nous a encouragées à créer des Saving Groups, des groupes d’épargne adaptés à notre vie rurale, et nous avons reçu des formations sur la gestion de l’épargne, la solidarité, la production d’huile d’arachide, la fabrication de savon et les activités génératrices de revenus. Dès que j’ai compris l’importance de tout cela, j’ai tout de suite aimé l’activité et je m’y suis engagée pleinement. », raconte Tassala.

Grâce au groupe d’épargne, Tassala a obtenu ses premiers prêts, quelque chose qui était impensable dans le passé. « Avant, même un prêt de 500 francs était impossible. Aujourd’hui, tout a changé. »
Avec ce soutien, elle a lancé un commerce de galettes et de beignets et ce commerce donna ses fruits. Elle prépare désormais des repas réguliers pour ses enfants, elle soutient la scolarisation de chacun d’eux : argent de récréation, petits matériels scolaires, elle verse chaque semaine 200 ou 300 F CFA dans l’épargne du groupe et elle peut gérer les urgences sanitaires sans attendre ni souffrir.
L’épargne alimentaire du groupe lui permet également d’obtenir des semences au moment de la saison des pluies, un changement majeur pour la préparation des champs.

Aujourd’hui, Tassala n’est plus la femme accablée qu’elle était. Elle parle avec confiance, avec assurance. « Le Saving Group a tout changé dans ma vie. J’ai repris espoir. Désormais, je crée mes opportunités. »
Grâce au projet :
Les femmes d’El Gada mènent désormais des AGR stables,
Elles contribuent fortement au bien-être de leurs familles,
Elles deviennent des actrices économiques essentielles dans le village,
Une solidarité nouvelle s’est installée entre elles,
L’autonomisation féminine n’est plus un rêve mais une réalité visible.
À la fin de chaque cycle d’épargne, Tassala dispose de quoi acheter les semences supplémentaires pour la période hivernale et assurer la nourriture pendant un moment. Ce qui était autrefois source d’angoisse est maintenant géré avec organisation et sérénité. « Grâce à World Vision et à son partenaire le PAM,nous entretenons un grand soulagement que nous protégeons avec jalousie. »