Samba bénéficie enfin d’une assistance
Âgé de 60 ans, Samba Guindo fuit contraint de prendre une nouvelle destination. En quittant Soyi, son village, sous la menace d’hommes armés, il n’avait aucune idée de sa destination finale.
Arrivé à Marebougou, Samba croyait avoir fait le plus dur. Mais à peine deux semaines plus tard, lui et sa famille revivent encore le cauchemar.
Samba et sa famille retombent dans le cycle de violence qui les avait obligés à quitter Soyi. A Marébougou, un blocus s’impose sur le village où ils pensaient avoir trouvé refuge. Avec d’autres habitants également déplacés vers Marebougou, ils décident de changer encore de destination. Ils parviennent à réunir les moyens de quitter la localité avec sept charrettes pour s’installer à Djenné.
À leur arrivée, un bon accueil leur est réservé par le service du développement social. Samba est enregistré à plusieurs reprises comme bénéficiaire ayant droit à une assistance, mais il ne reçoit jamais rien. Il passe parfois des journées entières sur des sites de distribution, mais rentre toujours les mains vides.
Dans sa quête quotidienne pour subvenir à ses besoins, il découvre une autre réalité. Déplacé, ce paysan n’a plus de champ ni d’argent pour cultiver et pratiquer l’embouche de petits ruminants, une activité qu’il affectionnait particulièrement. Il est également confronté à la cherté de la vie en ville.
Père de onze enfants et époux de deux femmes, la priorité de Samba est d’éviter que ses enfants ne dorment le ventre vide. Ses deux épouses et lui se contentent parfois de boire de l’eau et de se coucher lorsqu’il n’y a pas assez de nourriture, afin de laisser le peu disponible aux enfants.
Si Samba garde un mauvais souvenir des sites de distribution, cette fois-ci la chance lui sourit. Après son enrôlement comme bénéficiaire du projet Global Emergency Rapid Fund Food Assistance, il reçoit enfin une assistance composée d’un sac de riz de 50 kg, de 25 kg de haricots, d’un bidon d’huile de 5 litres, de 20 paquets de pâtes alimentaires, d’un kilogramme de sucre et de sel.
Si cette assistance est opportune pour Samba, elle constitue surtout un soutien qui lui permettra de réaliser des économies.
« Depuis que nous avons quitté notre village, je vois mes enfants dépérir sous mes yeux. Leurs corps sont affaiblis, et mon cœur de parent s’est rempli d’inquiétude et d’impuissance. Pendant deux longues années, nous avons vécu sans soutien, livrés à nous-mêmes dans un endroit où tout est cher, inaccessible pour des déplacés comme nous, sans terre ni ressources.
Ici, même nourrir sa famille devient un combat quotidien. Avec à peine 1000 FCFA gagnés après 6 à 8 heures de travail, comment espérer offrir un repas décent à ses enfants ? L’élevage, qui pouvait être une solution, est devenu impossible à cause du coût élevé des aliments pour bétail.
Ce matin encore, je n’avais rien à donner à ma famille, ni pour le déjeuner, ni pour le dîner. Je me demandais avec angoisse comment affronter le regard de mes enfants. Mais aujourd’hui, tout a changé.
Grâce à World Vision, j’ai reçu du riz, des haricots, du sel, du sucre, de l’huile et des pâtes alimentaires. Pour d’autres, cela peut sembler simple… mais pour moi, c’est action de sauvetage, un miracle. C’est comme si, on m’avait retiré un poids immense du cœur.
Aujourd’hui, je ressens une grande joie et un profond soulagement. Voir que je ne suis pas le seul à bénéficier de cette aide me donne de l’espoir. Déjà, certaines familles ont commencé à cuisiner ce qu’elles ont reçu, et cela fait chaud au cœur.
Je rends grâce à Dieu et j’adresse toute ma reconnaissance à World Vision pour ce soutien. Aujourd’hui, je me sens soulagé et rempli d’espoir pour ma famille. »