La RNA favorise la fertilité des terres

La RNA favorise la fertilité des terres

 Louka, 33 ans, père de 02 enfants, est un paysan travailleur, solidaire, et engagé au sein de sa communauté de Marakala, ADP de Nonsombougou. Pour lui, le bonheur d’un chef de famille réside dans la joie de voir ses enfants en bonne santé, vivre dans un environnement paisible et voir les enfants jouer et s’épanouir.

Etant reconnu comme un paysan courageux qui se bat surtout pour le bien-être des enfants, Louka a été choisi par ses pairs comme leur leader dans le cadre de la promotion de  de l’approche Régénération Naturelle Assistée comme nouvelle pratique agricole initiée par le projet Eco-agric de World Vision.

World Vision dans le programme du projet Eco-agric dans le Sahel dans l’ADP de Nonsombougou, travaille étroitement avec Louka qui joue le rôle d’interface entre touts les petits agriculteurs du village de Marakala. Ainsi, il conduit des mobilisations sociales pendant lesquelles il informe et éduque ses pairs de la communauté.Quant aux nouvelles approches et techniques agricoles, il sensibilise sur les actions à entreprendre pour développer la résilience des paysans afin de booster la production céréalière des familles. C’est pour quoi il encourage les paysans locaux à apprendre et adopter les nouvelles techniques et les technologies agro écologistes qui leur était méconnu avant l’arrivée du projet Eco-agric dans le Sahel de World Vision. La gestion intégrée de l’agriculture à travers la protection des arbres et des arbustes champêtres, les techniques de fabrication et de l’utilisation de la fumure organique par les paysans, la pratique de la lutte anti érosive à travers les cordons pierreux, etc., et l’agriculture de conservation constituent entre autre les sujets de formation et de sensibilisation.

Pour ces formations des paysans locaux, les espaces de partage sont les rencontres sociales chez le chef de village, les rencontres des groupements de jeunes, les rencontres des volontaires engagés pour protéger les arbres et arbustes champêtres et celles des groupements des femmes du village.

Pour avoir bien suivi les formations prodiguées par le projet Eco-agric dans le Sahel de World Vision financé par la Fondation Margaret A Cargill, Luka maitrise bien l’approche et RNA et le fait profiter à toute sa communauté. Avec ces nouvelles compétences : « j’ai pu sensibiliser 44 leaders d’exploitation agricole, 26 personnes de deux groupements de femmes. Maintenant, dans notre village, 17 paysans appliquent l’approche RNA au niveau de leurs champs familiaux ou individuels » a dit Louka.

Pour son propre champ familial, Louka et sa famille ont expérimenté la pratique de la régénération naturelle assistée sur un site d’une superficie de trois hectares. Ce site compte quelques arbres par ci par là car dans le passé, il avait dessouché la quasi-totalité des arbres pour permettre la mécanisation.

« Avant, je voulais que les charrues et les bœufs puissent travailler avec aisance sans être buter aux obstacles que sont les troncs et les racines d’arbres. Maintenant,avec le projet Eco-agric, mon grand frère et moi avons changé cette façon de faire. Nous avons compris que le manque d’arbres sur le site favorisait la dégradation du sol et que les systèmes raciniens et les feuillages des arbres champêtres améliorent la texture du sol et favorisent ainsi la fertilisation et l’humidité » a confié le grand frère de Louka.

Lorsque Louka a laissé pousser les arbustes dans son champ en respectant les techniques conseillées par la RNA, cela lui a permis de favoriser la croissance rapide et la diversité des essences sur le site. Avec le suivi mensuel du facilitateur de World Vision, Louka est sur la voie de la  réussite et de la pérennité du travail qu’il a entamé.

« Aujourd’hui, je suis heureux de voir quelques jeunes arbres régénérés et assistés sur ma parcelle. Par exemple, sur un site d’un hectare, il y a environ 25 arbres épargnés grâce à la RNA. Avant la pratique de la RNA, le site n’avait que six pieds de Karité adultes. Au bout d’une saison, il y a eu 19 arbres de plus et très diversifiés » selon Louka.

 

En plus de la formation et de la sensibilisation, le projet Eco-agric de World Vision a fourni aux communautés des semences améliorées. Ainsi, Louka et sa famille ont bénéficié 10 kg de maïs, 10 Kg de sorgho et 08 Kg de mil.

C’est sur ce site RNA que Louka a semé la semence améliorée Sorgho. Il a combiné, l’approche RNA avec l’utilisation de la semence améliorée. Cela lui a permis une augmentation de rendement à l’hectare.

En effet, la production céréalière de la famille de Louka a atteint 1380kg à l’hectare alors que son rendement maximum n’atteignait pas les 1000kg/ha en Sorgho. Cela a engendré un climat de joie et de bien-être dans la famille car la production de Sorgho est destinée fondamentalement à la consommation familiale. 

Fatouma la femme de Louka a conclu : « Les enfants n’ont plus et vont régulièrement à l’école sans se soucier de leur ventre. Nous les parents femmes et hommes, sommes rassurés par rapport à l’auto-suffisante alimentaire. Le matin de bonne heure, les enfants boivent la bouillie issue de la production de Sorgho. Grace au surplus de production, la famille ne manque plus de déguster chaque jour  le un plat préparé à base de la farine de mil ou de Sorgho avec de la sauce gluante à base des feuilles de baobab. »